Pourquoi pas une société d’état agricole ?

 

Dans ma jeunesse j’étais paysan, j’habitais près d’une multitude de ferme tout près de Joliette dans Lanaudière. Ces fermes appartenaient à ma famille, à des amis, à des parents. C’était un travail dur, je m’en rends compte encore plus aujourd’hui car les paysans doivent se débrouiller de toute sorte de façon. Il faut conduire la machinerie, s’occuper des animaux, s’improviser vétérinaire, travailler les champs, être agronome à ses heures, réparer les bris mécanique faire sa comptabilité et c’est un travail plutôt solitaire. Heureusement il y avait du monde pour les aider mais la plupart du temps on le faisait de façon bénévole car c’était un travail qu’on aimait faire. Par contre il advient des moments où ces petites entreprises ont dû se poser des millions de questions. Est-ce qu’on devrait grossir pour être plus compétitifs, pour pouvoir prendre plus de temps pour nous ou on continue de le faire pour le plaisir pour garder le petit côté modeste et familial ?

Dans ma famille, ils ont osé garder le côté modeste et familial et nous étions privilégiées de pouvoir en profiter ainsi. Avec le temps je me suis éloigné de la ferme à cause des études, de la distance, de mes occupations etc. C’est un milieu dont j’ai une nostalgie particulière d’une certaine façon et qui doit faire place à une évolution mais laquelle. À mon avis, je crois que le Québec a besoin d’une société d’état agricole. Je vous explique pourquoi.

Premièrement les agriculteurs demandent rarement de l’aide, ils sont fiers et ils veulent être libres de leur action. Par contre entre eux ils sont extrêmement efficaces, ils s’entraident et chaque action est comptée. Chaque ferme est différente et ce sont ceux qui y habite qui la connaissent le plus bien sûr. Je ne suis pas un grand connaisseur de tout ce qui se fait dans l’agriculture mais j’ai vécu assez longtemps dans le milieu pour savoir de quoi on parle particulièrement au niveau de l’agriculture laitière. Je crois que l’avenir de l’agriculture doit venir des agriculteurs de leur association et de tous ceux et celle pour qui c’est important et qui ont des idées. Cette société d’état doit donc se créé par une assemblé citoyenne paysanne et non pas par le gouvernement. La grande dualité entre la ville et la campagne devrait être mis de côté. À une époque les gens quittaient la campagne pour aller vivre en ville mais aujourd’hui c’est la campagne qui doit changer la ville qui devient de plus en plus stérile par ce manque de nature. En effet, je remarque dans les villes l’absence d’animaux, nos enfants ne les voit plus, ils les voient seulement dans des livres alors pourquoi on sépare les animaux des humain alors que nous avons toujours coexisté ensemble.


À mon avis le plus grand défi reste le lègue de nos terres agricoles actuelles. Ces terres sont d’une valeur inestimable qui fait l’envie de riche investisseur international. Il est vrai en ce moment que plusieurs fermes ont grandis et sont devenu de plus grosses entreprises mais qu’arrivera t’il lorsque ces gens voudront vendre leurs actifs car ils n’auront pas de relève. C’est à ce moment-là que des entreprises d’ailleurs voudront investir. Ces investisseurs savent très bien que la valeur de ce territoire augmentera avec le temps. Probablement qu’il pense déjà aux prochaines générations. Un agriculteur qui veut vendre sa terre à sa juste valeur n’a pas le choix de le vendre à rabais car il y a peu d’acheteurs. Lorsqu’il n’y a aucun agriculteur d’intéressé à l’acheter, ce sont alors les investisseurs qui sautent sur l’occasion. Je crois qu’il serait tout à notre avantage que l’état puisse acheter en collaboration avec les organisations agricoles ces terres. Cette façon de faire protégerait d’une certaine façon notre riche territoire québécois. 

La technologie est probablement une avenue très intéressante dans le milieu agricole. Encore une fois, cette technologie a très peu d’utilisateur et c’est pourquoi celles-ci est dispendieuse. Je crois que l’État devrait donc investir dans l’agriculture. Ces agriculteurs pourraient donc devenir les employés de l’État. Avoir une meilleure assurance en cas de blessures, avoir une meilleure protection contre les accidents de travail car celle-ci est trop souvent négligé. La qualité de notre nourriture et sa distribution doit faire partie intégral des enjeux du gouvernement et comme le domaine est en crise je crois que pour le bien commun, l’État doit s’en mêler. Nous l’avons fait il y a déjà des années avec Hydro-Québec et malgré tout ce qu’on peut en penser, nous avons appris aujourd’hui de cette grande organisation afin de ne pas répéter nos erreur du passé. Bien sûr certains diront que leur terre s’est transmis de génération en génération mais justement les générations de demain font partie des valeurs de l’État.

Avec la venue de la légalisation de la marijuana en juillet prochain, certains disent que ce sont les entreprises qui vont en bénéficier. Une certaine part doit en effet être confiée au privé mais si la culture de cette drogue douce était faite par l’état, cela rassurerais probablement un peu plus la population quant à sa distribution, sa culture et les profits engendré par cette nouvelle loi. La culture du tabac en est un autre exemple. Nous entendons souvent des gens avoir faim ou encore même souffrir d’embonpoint. Si l’état pouvait s’assurer de la santé de ses citoyens par une certaine distribution de la nourriture, celle-ci serait plus à l’écoute de la santé des animaux d’élevage, de l’environnement ainsi que de la pérennité de nos terres, je crois que cela serait la solution ou du moins une alternative aux problématiques agricoles. De plus, l’agriculture est un domaine que l’on peut exporter ses produits facilement et ainsi tirer profit des aliments distribué.

L’avènement de l’état dans le milieu agricole permettrait aussi à une meilleure gestion de risque lors d’une année difficile. Il faut se le dire, le domaine est un milieu plutôt saisonniers quand on pense au récoltes l’été et à la récolte du sirop d’érable au printemps. Ces éléments font en sorte qu’un agriculteur doit être multidisciplinaire s’il veut subvenir à ses besoins. Le gouvernement pourrait apporter des façons de cultiver les terres encore plus longtemps avec les technologies dans lesquelles il pourrait investir comme par exemple dans des serres. Il faut se le dire, ce n’est pas toute les entreprises qui aurait les moyens ou la volonté d’investir dans ces bâtiments chauffés. De plus, l’eau du Québec est une ressource très importante dont il faut la considérer et nous devons prendre en compte qu’il existe des façons de faire pour exporter nos produits alimentaires.

Il y a près de 75 ans, le Québec s’assurait d’être un leader au niveau énergétique avec Hydro-Québec. Il y a 50 ans, on créait les Cégep et la régie de l’assurance maladie pour s’assurer de l’éducation de nos enfants sur le plan professionnel et pour la santé collective. Aujourd’hui il est plus que temps de préserver notre territoire et de s’assurer de pouvoir nourrir les générations de demain et cela devrait se faire par une société d’état agricole.

Mathieu Goyette

 

 

 

 

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